"Millénium" : roman en trois tomes au coeur de la Suède (1935 pages en tout): chacun des trois tomes a une personnalité et une ambiance propres. Entre l'enquête quasi généalogique, à huis clos, de 'Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes' et le récit d'espionnage politico-judiciaire du petit dernier 'La Reine dans le palais des courants d'air', le lien est ténu. Il réside en fait dans l'extraordinaire maîtrise de l'auteur Stieg Larsson, qui a commis avec 'Millenium' l'une des oeuvres littéraires majeures de ce début de XXIe siècle, tous genres confondus.
"Le mec de la tombe d'à côté" : Vous êtes de ceux qui pensent que les histoires d’amour finissent mal, en général ?
Vous faites partie de ces gens qui répondent "non merci, très peu pour moi" lorsqu’on tente de leur fourguer des histoires à dormir debout de princes qui épousent des princesses (ensommeillées, de préférence) ?
Dans ce cas, 'Le mec de la tombe d’à côté' est pour vous. Ici, Katarina Mazetti se penche sur les déshérités, les handicapés de la love story ; car entre Désirée, qui est du genre à croire que l’amour est un fleuve d’Asie qui matérialise la frontière entre la Russie et la Chine, et Benny, pour qui ce serait plutôt "je t’aime, tu m’aimes, on sème", il y a un fossé, plus grand qu’une tombe - de la taille d’un préjugé, d’un a priori.
A travers la rencontre improbable de ces deux marginaux, Mazetti nous emmène, sans avoir l’air d’y toucher, vers des questions naïves, mais redoutables : l’amour est-il plus fort que l’appartenance à une classe sociale ? Le milieu dans lequel nous évoluons va-t-il jusqu’à déterminer nos futurs partenaires ? Sous le banc du cimetière où ils se rencontrent, n’est-ce pas le charnier des illusions romantiques que l’on voit apparaître ?
Certes, on pourra regretter que ce roman à deux voix soit un peu manichéen : l’auteur tente de coller aux styles particuliers de cet homme et cette femme qui se racontent à tour de rôle, mais elle ne parvient pas toujours à trouver la nuance adéquate, et sombre parfois dans la caricature. Fort heureusement, le côté fleur bleue est compensé grâce à une bonne dose d’humour et de tendresse.
Plus tous jeunes, pas très beaux, ni riches ni Prix Nobel , ils s’aiment : rien de très nouveau sous le soleil, mais un charmant Pourquoi pas nous ? au pays d’Ikéa.

2 commentaires:
quelle riche idée de nous dévoiler vos coups de coeur!!!!merci
aie ça va être la cohue à la bibliothèque de breal
merci quand même
charles
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